" Rassembler des citoyens qui partagent

les mêmes valeurs."

 

L’année écoulée a été riche d’enseignements, d’émotions, de déceptions, lorsqu’on l’analyse sous le prisme de notre lecture républicaine et laïque.

Jamais nos principes républicains n’ont été remis à ce point en cause, y compris par les plus hautes instances.

Le bilan à tirer de l’actualité passée, qui construit notre histoire commune, est, qu’à ce jour, aucune entité politique n’est à même de garantir ce pour quoi nous nous battons tous au quotidien, à la hauteur de nos moyens individuels.

Lors des séquences présidentielles et législatives, nous avions l’espoir d’entendre marteler un message, qui s’est malheureusement vite avéré inaudible, voire indésirable Nous ne pouvons baisser les bras face à un tel constat et nous résigner à subir les cinq ans à venir. Il est temps pour nous d’agir et de prendre un nouveau départ.

Aussi, après de nombreux mois de réflexion Forces Laïques, qui décidé de prendre un nouveau tournant, dans l’intérêt de tous, afin de proposer une nouvelle alternative au paysage politique.

 

 

Charte des fondateurs

 

Ces dernières années ont été riches d’enseignements, d’émotions, de déceptions, de craintes lorsque nous les analysons sous le prisme de notre lecture républicaine et laïque. Jamais nos principes républicains n’ont été remis à ce point en cause, et ceci par les plus hautes instances-mêmes de la République.

Nous, membres fondateurs de Forces Laïques, ne pouvons baisser les bras face à un tel constat ni nous résigner à subir les années à venir. Il est temps d’agir et de prendre un nouveau départ. Il est temps de faire preuve de courage.

Notre ambition est de faire de Forces Laïques le premier Parti politique républicain, laïque et solidariste de France. Loin de se limiter à ces questions, qui sont le fondement de nos combats passés, actuels et futurs, nous nous engageons à faire des propositions concrètes et réalistes à toutes les questions sociétales, culturelles, économiques et politiques qui nécessitent une vision prospective et objective, loin des prises de positions tacticiennes, clientélistes ou de déclarations d’intention non suivies d’effet.

La question de l’égalité femmes-hommes sera l’un de nos chantiers prioritaires parce qu’il n’y a pas de société digne sans un traitement respectueux de la moitié de sa population.

Nous nous engageons à développer le champ des possibles, comme celui de l’économie solidaire et sociale, plus respectueuse de l’humain ; celui de l’écologie, traitée aujourd’hui comme un dogme ou une idéologie rétrograde.

L’Europe est la cadre de nos actions. Nous voulons une Europe fédérale et sociale qui protège et se préoccupe d’avantage des Européens, une Europe politique qui soumette les domaines économiques et commerciaux à une réglementation et des normes sociales et fiscales plus justes pour tous, une Europe de la Défense qui rassure nos concitoyens et prépare la paix.

Nous voulons de la modernité, tant dans les solutions que dans les personnes.

Aussi, celles et ceux qui rejoindront notre mouvement s’engagent à un militantisme désintéressé, des mandats uniques et une seule fois renouvelables, à la solidarité avec les valeurs de notre mouvement, au respect des principes républicains, ciment de Forces Laïques. Notre seul moteur est la République Française et la mise au service de l’intérêt général.

 

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Charte des fondateurs
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Tribunes

2018 sera l'année de 

nouveaux défis

 

"Souveraineté nationale menacée, démocratie attaquée, Laïcité bafouée, c’est l’édifice Républicain qui est en danger. L’urgence est sociale, économique, politique.  "

 

3 janvier 2018 - par Laurence Taillade, présidente

L’année 2017 a été marquée par de nombreux épisodes importants pour notre pays.

 

Une nouvelle donne politique pour notre pays

Des élections ont porté au pouvoir un président et redistribué les cartes de la vie politique française, qui avait besoin d’un profond renouvellement. Pourtant celui-ci n’est chaque jour que déception, apportant son lot de casse sociale, sape de la République et de ses principes, destruction de notre système de défense et de sécurité et, donc, de notre souveraineté ; j’y reviendrai.

 

De violentes attaques contre l’indivisibilité de la Nation

La France a été meurtrie par des attentats violents, barbares, en 2015 et en 2016. 2017 a été l’année des assassinats portés contre les dépositaires de l’autorité dans notre pays : les forces de l’ordre. Policiers, militaires ont cristallisé les agressions du terrorisme islamiste. Ces agressions, comme si elles ne suffisaient pas, ont été doublées de celles, verbales, d’une gauche extrémiste, identitaire, porteuse d’une idéologie postcoloniale condescendante envers nos compatriotes issus de l’immigration magrébine. Cette frange politique a fait émerger un nouveau concept, le racisme d’Etat, pour mieux faire courber l’échine à ceux qui devraient imposer nos principes, nos lois, nos valeurs à tous, de façon indifférenciée. Cette minorité beuglante, qui a réussi à hisser quelques élus à l’Assemblée Nationale nous a montré un triste visage, cette année, avec les Obono qui nie les dérives intégristes, les Autain qui nie les dérives sexistes, et les Mélenchon qui couvre ses comparses auxquelles il a fait la courte échelle pour leur permettre l’accession aux fonctions qu’elles occupent. Qui ne dit mot …

Ces individus portent, par leurs propos et leurs actes, des coups violents à notre pays et à l’unicité de la Nation, que d’aucuns souhaiteraient justement se voir fragmentée, pour mieux imposer cette fameuse partition, modèle communautariste anglo-saxon. Il faut dire que, dans la grande bêtise de ces cerveaux malades, la laïcité serait porteuse des germes de l’intégrisme islamiste. Cette analyse idiote repose sur une vision fermée de ce qui nous touche et un refus de voir le problème dans son ensemble mondial et son histoire longue de plus d’un siècle. Car, oui, l’Islam politique est bien un problème mondial qui touche en premier lieu les pays arabes.

 

L’Etat baisse la garde de façon dangereuse et met en danger la souveraineté nationale

Dans son manque de vision, l’Etat baisse la garde de façon dangereuse. Le budget du ministère des armées est insuffisant. Nos militaires, lourdement sollicités, sont sous entrainés car en opération perpétuelle, sous équipés par manque de budget. Notre effort de défense est en-dessous du seuil critique. Mettre notre armée en danger, c’est mettre nos concitoyens en danger. Par cette inertie, le gouvernement remet gravement en cause la souveraineté nationale. Nos armées ne sont plus en capacité de défendre le territoire, la nation, les Français, comptant probablement sur une armée européenne. Or, le récent et fragile lancement de la coopération structurée permanente peine à se mettre en place, par manque, notamment, d’une volonté politique de nos partenaires allemands.

C’est dans ce contexte que nous intervenons en opération extérieure, en Syrie, notamment, contre cette gangrène mondiale qu’est l’islam politique. Alors, certes, la guerre est presque « gagnée » comme s’en targue la Président, mais à quel prix pour les Français et avec quelles conséquences économiques, budgétaires, judiciaires, sécuritaires ?

 

Flux migratoires sous haute surveillance

Car, même s’il semble insensé de ne pas combattre la propagation de cette idéologie de mort, il faut aussi regarder le nouveau danger qui nous menace à courte échéance : le retour de ces populations sur notre territoire. Hommes, femmes et enfants, endoctrinés, ayant vécu dans une ambiance de violence quotidienne, de haine de l’occident, reviendront en France. Leur sort, s’ils restent en Syrie, étant peu enviable. La question de la dé-radicalisation ne se pose plus. Toutes les tentatives ont démontré l’innocuité de ces projets qui n’ont eu comme seul effet que de vider un peu plus les caisses de l’Etat pour nourrir des familles entières et des associations fantômes. Se posera tôt ou tard la question du retour de ces djihadistes sur notre territoire. Il semble peu souhaitable, au regard du danger que nous ferions courir aux Français, face à l’incapacité de nos services à suivre correctement un trop grand nombre d’individus, fiché S, pour l’heure. Comment imaginer cela avec des moyens aussi faibles et un tel afflux de population potentiellement dangereuse ?

La gestion des flux migratoires causés par cette guerre et la déstabilisation d’une région doit se poser au niveau européen, de façon sérieuse. La France a pris ses responsabilités, l’Allemagne aussi. Mais qu’en est-il de ces autres pays qui refusent d’accueillir des réfugiés politiques ?

Par ailleurs, nous ne pouvons plus accueillir de nouvelles vagues d’immigration sans nous poser la question de la dignité que nous apportons à l’accueil des immigrants. Or, le constat est là. Nous avons atteint un seuil qui ne nous permet plus de prétendre à donner un logement décent et à nourrir ces nombreuses personnes. Notre pays devra faire face, cette année encore, à ce défi énorme que constitue l’immigration clandestine qui doit être combattue, si nous voulons conserver un traitement digne pour ceux dont la vie est en danger dans leur pays. Notre vision du Monde doit s’atteler à favoriser l’arrêt de flux migratoires économiques, par de nouvelles réglementations internationales sur l’exploitation des ressources naturelles et l’exploitation humaine, notamment du travail des enfants, par des groupes internationaux. La communauté internationale ne peut rester plus longtemps muette face à des atteintes quotidiennes aux droits de l’Homme et de l’enfant. Elle doit aider au développement économique et démocratique de ces populations qui en ont besoin. La France doit être figure de proue dans ce domaine.

 

Une Europe source de déception

Sur les questions sociales, d’éducation, de culture, migratoires ou encore monétaires, nos concitoyens ne peuvent plus se satisfaire de déclarations d’intention. En témoigne la dernière réunion du Conseil européen de décembre dernier lors duquel on envisage les questions sociétales sans toutefois décider d’un calendrier à court terme. Que dire des négociations sur le Brexit qui vont certes coûter très cher au Royaume-Uni mais aussi à la communauté européenne car la sortie de l’Angleterre pourra prendre jusqu’à 4 années, sans compter les futurs accords de libre-échange venant après ?

L’Europe, cette Europe dans laquelle nous nourrissons beaucoup d’espoir, a été source de nombreuses déceptions, cette année avec, au premier rang, la signature du CETA. Cet accord comporte un manque flagrant de protections en matière sociale et environnementale, de santé, de droit des consommateurs européens, de souveraineté des collectivités territoriales, des nations, de risques pour notre agriculture … Et pourtant, le gouvernement l’a mis en application dès le 21 septembre de cette année, renonçant du même coup, aux Accords de Paris. Cette faiblesse répond principalement à la demande de multinationales trouvant un avantage économique dans cet accord.

 

Une économie mise au service de multinationales

Car, finalement, ces dernières ont découvert en ce nouveau Président et son gouvernement, une oreille attentive et compatissante : paupérisation et précarisation des salariés par les ordonnances de réforme du travail, beaucoup de déclarations mais aucune proposition pour s’opposer à la fuite organisée des capitaux vers des paradis fiscaux étrangers, … Avec des résultats que l’on nous promet dans deux ans.

Parallèlement à cette campagne de séduction des groupements industriels, la liberté de la presse n’a jamais été autant remise en cause. Les attaques sont multiples : restrictions budgétaires, concentration des médias, emprise de grands groupes industriels, pressions politiques, censure, etc. L’indépendance et le pluralisme des organes d’information sont les clés de la bonne santé démocratique. Les orientations actuelles laissent à craindre une tentation pour une concentration dangereuse des pouvoirs.

 

Montée en puissance du fait religieux, les femmes premières victimes

Par ailleurs, les dogmes véhiculés par les monothéismes, dans une lecture simpliste ou rigoriste, tendent à se propager dans notre pays et menacent aussi la condition féminine. Impossible de ne pas voir la régression des libertés des femmes ainsi que celle de leurs droits et les nombreuses atteintes à leur dignité. Pourtant les lignes ne semblent pas bouger malgré les déclarations d’intention d’un gouvernement qui peine à comprendre que les moyens à promouvoir sont davantage préventifs que punitifs. Difficile de mettre en œuvre une politique punitive concernant le harcèlement de rue, par exemple. Il s’agit, une fois de plus, d’une mesure spectacle dont l’objet est de séduire mais dont les retombées seront nulles. Nous venons de le voir, nos policiers sont déjà en sous-effectifs, débordés par des questions de sécurité intérieure. Un investissement massif, à long terme, dans la pédagogie, passant nécessairement par un ministère de l’instruction publique fort, capable de former des citoyens éclairés, est l’un des axes de réflexion… Pourtant, ce constat semble, malheureusement, totalement écarté des radars d’un gouvernement acquis à la montée du fait religieux et de ses revendications, dont l’Ecole est l’un des piliers.

 

Organisation délibérée d’une concurrence à l’Ecole publique

Ainsi, on a vu, en cette fin année, l’Etat augmenter les budgets alloués à l’enseignement privé, principalement confessionnel et catholique, de dix millions d’euros, en les retirant au public. Comment favoriser la montée d’un sentiment d’appartenance nationale, quand nos enfants vivent un apartheid scolaire directement organisé par nos gouvernants ? Cette sous-traitance de l’éducation ne date pas d’hier mais la reculade de 1984, face aux lois Savary, a mis un coup d’arrêt, semble-t-il définitif, à toute velléité, pourtant nécessaire, d’une Ecole forte, républicaine et laïque, source de mixité et de confrontation des cultures et donc, de l’évolution de l’individu par l’expression de sa raison critique. Les régions ne sont pas en reste dans cette gestion à la petite semaine. La région Auvergne-Rhône-Alpes, la région Ile-de-France ont eu les mêmes stratégies en redistribuant de façon généreuse les budgets aux lycées privés sous contrat, à budgets constants, privant ainsi les établissements publics de moyens pour assumer leur mission. Notre République doit s’appuyer sur l’unité de sa Nation qui ne peut être que la résultante de partage de valeurs et de principes communs. C’est sur les rangs de l’Ecole que cela s’apprend. Les obscurantistes l’ont bien compris et ce retour des écoles privées, toutes confessions confondues, sert ce dessein : remettre en cause la République et ses fondements.

 

Montée en puissance des religions

Ces choix budgétaires ne sont pas innocents et démontrent une vision globale de ceux qui ont pris les manettes de la France. Il suffit de voir la façon dont le fait religieux a repris le devant de la scène pour nous en inquiéter. Quand le Président de la République, présent au repas de rupture du Ramadan, évoque la « communauté musulmane », il dénie l’indivisibilité de l’Etat, tout en donnant une existence factuelle à un groupement d’individu sur leurs croyances, ce qui est contraire à nos lois, ne reconnaissant que l’individu. Quand ce même Président, s’adressant aux protestants, promet de ne pas « heurter les croyances » concernant la procréation médicalement assistée, il soumet les grandes avancées médicales et sociétales de demain aux dogmes d’une minorité. Enfin, pire, quand ce dernier, donne des gages aux responsables des cultes et évoque une « radicalisation » de la laïcité, nous ne pouvons qu’être profondément effrayés. De telles démonstrations de reconnaissance des cultes, ne peuvent que nous alarmer, alors que notre pays doit faire face à de grands défis pour demain, pour rattraper le retard acquis ces quinze dernières années en recherche sur la bioéthique mais aussi sur des questions centrales comme le droit de mourir dans la dignité. Va-t-on encore laisser dicter ces lois, tant attendues, par des interdits imposés dans des livres auxquels une frange de fanatiques donne crédit de lois ? Doit-on accepter que les lois divines se substituent aux lois de la République et donc des Hommes ?

Les questions de santé et de recherche médicale cachent celle, plus globale, de la condition sociale des Français qui se dégrade.

 

Abandon du problème du logement

L’hiver a vu se déployer, sur nos trottoirs, la misère terrible dans laquelle vivent environ 250.000 personnes, sans domicile fixe. Cette misère s’accompagne de l’augmentation des bidons-villes à proximités des grandes agglomérations, dans lesquels vivent des enfants, dans des conditions de précarité sanitaire inacceptables. La question semble ne pas troubler notre ministre du logement actuel dont le budget subit une coupe sans précédent. Plutôt que de s’attaquer aux APL, il eut semblé plus pertinent de s’inquiéter de la gestion des habitations à loyers modérés et de leur modes d’attribution, pour faire cesser abus et malversations, afin d’en faire profiter ceux qui en ont vraiment besoin. En effet, comment justifier que des logements soient transmis, sous-loués, à des ascendants, descendants des locataires officiels, sans que qui que ce soit ne semble s’en inquiéter ? Comment accepter que des élus de la République soient les premiers à être visés par ces abus ? Comment trouver normal que ces logements voient des taux de rotations tellement faibles que les listes d’attente, pour ceux qui en ont vraiment besoin, puissent atteindre quatre années ? Outre la relance de la construction, nécessaire, dans certains secteurs où il n’en est pas proposé, il faut repenser totalement notre modèle et l’articuler sur de nouveaux dispositifs intégrant l’évaluation trisannuelle de la situation du locataire, assortie à des mesures d’aide à l’accession de logement privatif, afin de pousser vers la sortie ceux qui ne peuvent plus prétendre à des logements destinés à ceux qui sont le plus dans le besoin. Le logement social doit évoluer, pour ce qu’il s’agit du neuf, vers des habitations à hautes performances énergétiques afin de baisser au maximum le coup des factures annexes à l’habitation, pour des petits budgets.

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Souveraineté nationale menacée, démocratie attaquée, Laïcité bafouée, c’est l’édifice Républicain qui est en danger. L’urgence est sociale, économique, politique. Les fondations de nos principes républicains sont branlantes et notre gouvernement semble ne s’intéresser qu’à la couleur du papier peint pour séduire les visiteurs étrangers.

2018, sera l’année de nouveaux défis. Je serai, nous serons, avec l’équipe Forces Laïques qui est déjà au travail, à l’avant-garde républicaine pour défendre nos principes, porter nos valeurs et protéger notre pays qui porte en lui les plus belles couleurs : Liberté, Egalité, Fraternité et le maillon qui nous unit : Laïcité.

"La Laïcité, c’est cette institution de la République qui assure la liberté de conscience, la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté d’être avant l’obligation de succéder à une communauté, un clan ; pour préférer embrasser toute la citoyenneté, toute la République."

 

18 décembre 2017 - par Damien Ollier, référent Gard (30)

 

Aujourd’hui, face au délitement progressif de ce qui fonde, depuis plus de deux siècles, notre contrat social,

Face aux coups de boutoir communautaristes et liberticides qui se multiplient,

Face à la haine de nos valeurs qui se déverse sans complexe,

Face à la gravité de l’heure, mais surtout fort de l’importance du combat que nous nous devons de mener pour faire vivre, demain, les valeurs républicaines, je prends la responsabilité de développer Forces Laïques dans le Gard.

Fiers des valeurs qui guident notre République depuis les Lumières et 1789, nous devons lutter inconditionnellement, contre les fléaux qui menacent le pacte républicain et ne plus jamais fermer les yeux ;

C’est cette haine déversée sans limite, sans borne, contre Charlie Hebdo, contre la liberté d’expression de chacun, alors même que cette liberté, consiste, en son essence même, à déclamer sans contrainte tout ce que n’interdit pas la Loi au nom même du droit d’avoir des idées, qui, comme toutes, ne plaisent pas à tous, suscitent le débat, la controverse, mais font vivre finalement la démocratie politique ;

C’est ce poison de l’antisémitisme qui suppure d’une part non-négligeable de la diversité, entretenu par l’endoctrinement religieux et la propagande complotiste nauséabonde ;

Alors que lutter contre le racisme, c’est évidemment lutter contre tous les racismes, sans excuse, sans fausse pudeur, sans caution sociologique. C’est d’interdire, comme le veulent nos lois, à quiconque d’assigner un individu pour ce qu’il est, pour sa nature, pour son individualité ;

C’est cette remise en cause insidieuse de la Libération des femmes, de ce qu’elles sont les égales des hommes, de ce qu’elles doivent vivre dans l’espace public, leur espace à elles aussi, sans baisser la tête, sans rougir, sans craindre, au moment où les ferments de la réaction et de l’ordre moral sont de retour dans le pays de Marianne ;

 

C’est cette contestation permanente de la Laïcité, de la loi de 1905, de la séparation non-négociable des cultes et de l’Etat, du temporel et du spirituel, de la sphère publique et de la sphère privée, des règles morales que l’on peut se choisir pour soi seul, et des lois civiles qui sont les mêmes pour tous et garantissent l’Egalité.

La Laïcité, c’est cette institution de la République qui assure la liberté de conscience, la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté d’être avant l’obligation de succéder à une communauté, un clan ; pour préférer embrasser toute la citoyenneté, toute la République.  

La liberté de conscience, c'est celle qui permet de croire, de croire autrement, ou de ne pas croire, d'apostasier, de blasphémer, de critiquer une croyance.

La liberté de conscience ne se cantonne jamais à une simple liberté de pratiquer un culte, elle implique, en elle-même, en "conscience", tout un champ des possibles pour l'esprit humain, tout un champ de libertés pour l'individu émancipé, devenu citoyen.

La liberté de conscience, c'est donc aussi la liberté du citoyen de vivre dans un espace public délivré du prosélytisme qui agresse interfère avec sa conscience, son individualité, son être, sa liberté.

C’est la liberté de chaque Français de vivre, d’être, de devenir, ce que sa volonté lui dicte. C’est donc aussi cette liberté que l’on menace impunément avec la complicité d’une classe politique souvent silencieuse qui condamne la France à la négation de ses valeurs, de son essence, en vue de satisfaire des intérêts particuliers de court-terme. 

Cette liberté, ce n'est pas l'obligation d'apparence, l'impératif de saturation visuelle, la contrainte séparatiste, l'appropriation de l'espace public, autant de dangers qui morcèlent la Nation, en essentialisant l'individu dans une origine, un culte, un placard communautaire, alors que cet individu est tellement plus que ça et mérite, quel qu'il soit, de se voir offrir toute la gamme des possibles qu'offre la vie du citoyen en République.

Cette liberté de conscience, c’est l’exigence d’équilibre d’une balance composée de deux plateaux n’atteignant la stabilité que lorsqu’elle permet autant de croire que de ne pas croire. C’est cette neutralité qui fait de l’espace de tous, un lieu où chacun peut rencontrer l’Autre en voyant en lui un prolongement citoyen, plus que le début d’une frontière intérieure, un forum d’un réel « Vivre Ensemble ».    

Il faut le dire, par ce terme empoisonné et pervers d’ « islamophobie », on veut empêcher l’exercice de ces libertés, on veut interdire à quiconque de dire ce que la Loi lui permet,  on veut faire d’un culte une prison identitaire, au mépris de l’individu, au mépris de son existence, pour ne faire triompher que l’obligation communautaire et l’impossibilité de s’en émanciper.

Afin que la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen soit sauve, afin que les Lumières ne se voient pas éteintes sous les flots incessants des obscurantismes et des assignations, afin que chacun soit l’égal de l’Autre, nous devons nous battre, résister, encore et toujours !

La Nation de 1789, c’est l’exigence d’émancipation. C’est l’immense beauté d’abolir les trois ordres féodaux et l’Ancien Régime, où chaque ordre avait sa propre loi. C’est mettre à bas l’ordre ancien pour mieux garantir à chaque individu l’Egalité, une seule et même Loi pour tous, une seule citoyenneté née de la reconnaissance par chacun de l’individu !

C’est cet idéal émancipateur de porter l’individu au sommet, pour lui ouvrir toutes les voies que sa volonté exprime, pour ne jamais rien retenir de sa naissance, de son origine, de sa couleur de peau.

C’est le combat pour les libertés individuelles contre les contraintes communautaires. 

Ce combat vital que nous avons à mener, c’est celui de la Gauche, c’est celui de la République, c’est celui de Marianne, qui si elle a la poitrine libre, c’est pour abreuver également chacun de ses enfants !

Car, comme l’écrivait Ernest Renan, ce qui constitue une Nation "c'est d'avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l'avenir".

Parce que nos valeurs sont justes et qu’elles rendent à chacun une égale dignité, nous ne pouvons les laisser se disloquer, nous devons les faire vivre, en être fiers, les déclamer haut et fort ! 

Le combat n'est jamais terminé, sans cesse, des rebelles doivent se lever pour dé-chaîner les serfs et briser, hier, les trois ordres féodaux, aujourd'hui, les communautarismes liberticides.

Résistons ! Résistons ! Résistons !

Faire de la santé un droit réel et non une utopie !

 

21 novembre 2017 - Par Laurence Taillade, présidente

 

Une fois encore, une fois de trop, la ministre de la santé traite avec condescendance les Français qui veulent voir et entendre normalement.

Il faut dire que voir et entendre normalement leur permettrait, peut-être, de décrypter ce qu’il se joue sous nos yeux : une lente et inévitable destruction du système de soins pensé par des humanistes et mis à mort par des adeptes du profit, qui écartent toute réflexion sur la condition humaine.

 

Le problème du remboursement intégral des prothèses dentaires, auditives et oculaires, n’est pas une question de confort mais bien une question de survie dans nos rapports sociaux, sans lesquels l’être perd sa qualité d’humain et devient tube digestif. Est-ce cela que veulent ceux qui nous gouvernent ?

La question du remboursement intégral est une façon de prendre le problème à l’envers, par le prisme de la vision mercantile de la santé. Cette vision n’est pas conforme à celles des pères fondateurs de la sécurité sociale, ni même à celle qu’aurait imaginé Léon Bourgeois, père du solidarisme.

 

La fraternité impose que nous soyons tous concernés par cette question : soignants, prothésistes, soignés. Or, aujourd’hui, nous sommes loin de ce grand élan de fraternité qui devrait être l’issue pour sauver notre système de santé, et garder au sein de la société ceux qui perdent l’un de leurs sens, donc l’une de leur faculté à percevoir le monde.

Commençons pas les soignants. Il est légitime de reconnaître qu’après de longues études, qui leur ont demandé des sacrifices et de mettre de côté leur vie personnelle, ils aient envie de gagner correctement leur vie. Qui accepterait de travailler aux minima sociaux avec un bac + 9 ? En même temps (pure provocation de ma part !), est-ce aux patients de leur garantir ce confort financier, par le biais de leurs mutuelles, ou de leurs économies, pour ceux qui n’en ont pas ? Le nœud est là. Les dentistes, par exemple, pratiquent les soins dentaires à des prix plancher, pour se rémunérer sur les couronnes et autres prothèses dentaires. Mais les prothésistes, eux, facturent 5 à 10 fois moins cher leur travail aux dentistes …

Il faut trouver une autre issue, permettant de garantir, d’un côté, des soins de qualité, sans avance de fonds, mais qui n’entame pas la capacité des praticiens à facturer, voir sur-facturer, s’ils ont des patients prêts à payer, et il y en aura toujours.

 

La rencontre, généralisée, entre praticiens en dernière année, dentistes, ophalmologistes, prothésistes, opticien, pourrait se faire dans des centres de soin régionaux, gratuits. Ceux-ci garantiraient la prise en charge des patients contre acceptation d’être soignés par des étudiants en dernière année, encadrés par leurs enseignants. La scolarité de ces professionnels est prise en charge par l’Etat. Quelques mois, une année, passée à soigner gratuitement, les rapprocherait de la dimension humaine du soin, des réalités du quotidien des Français, mais pourrait aussi éveiller quelques vocations nécessaires.

En aucun cas ne se jouerait une guerre de médecine à deux vitesses. Dans la cohabitation du public/privé, les centres de santé privés, cliniques, hôpitaux, permet une offre diversifiée, une expression de la liberté de tous de faire appel à un secteur ou un autre.

Dans la pratique, les étudiants pourront s’aguerrir et découvrir les pratiques des autres. La rencontre crée  le respect. Elle génère des liens entre tous les acteurs du tissu social. elle engendre l’empathie et fait du praticien, du prothésiste et du patient un seul tout qui agit dans le sens de l’intérêt général et non dans le sens de la somme d’intérêts particuliers, trop souvent mis en avant et considérés par nos élus.

 

Retrouvons le sens de notre devise et de nos valeurs fondamentales. Retrouvons le sens de l’humain, changeons de logiciel !

Je ne suis pas #LaBandeDeValls

13 Octobre 2017 - Thierry Gibert, secrétaire général

 

Je suis humaniste, républicain et laïque et je m’inquiète sur la séquence actuelle dans laquelle on tente l’enfermement des valeurs de Liberté, d’Égalite et de Fraternité, conditions d’un équilibre nécessaire à la paix sociale, en France.

#LaBandeDeValls existe-elle réellement ?
Certains soutiens de Valls, de la dernière heure semblent se réveiller sous un hashtag qui n’a aucun sens, #LaBandeDeValls ! Gageons qu’ils fussent tous derrière l’ancien Premier Ministre pour le soutenir et voter « Valls » au second tour de la Primaire de la Gauche. Si ce fut le cas, le constat est amer : Malgré ses tentatives courageuses, M. Valls n’a pas su mobiliser ses troupes et a été éliminé des primaires face au candidat à 6% du PS.

Ou alors, les républicains laïques auraient-ils peiné à se reconnaître dans ce candidat ?

Valls ne représente pas, à lui seul, les valeurs républicaines, ni même la laïcité.
Réduire ce bloc républicain à un seul personnage politique est une erreur. Valls ne représente pas, à lui seul, les valeurs républicaines, ni même la laïcité. Quand bien-même en aurait-il eu la volonté, il a bien vite renoncé à ses principes alors qu’il se retrouvait désavoué par Hollande dans la triste affaire Bianco, en janvier 2016. Si cette situation lui était vraiment insupportable, il était temps de quitter ce gouvernement qui avait démontré, à de nombreuses reprises, ses faiblesses. On ne peut pas être dedans et dehors à la fois … S’eut été un moment clé pour annoncer son départ en campagne, sur des valeurs qu’il prétendait incarner. Il a préféré rester, il est maintenant la victime de ses choix.

 

Les insoumis, eux, l’ont bien compris, et Mélenchon se fait le porte-voix d’une stratégie dont Valls, et les laïques qui se revendiquent être #LaBandeDeValls, finiront par être les victimes : Renvoyer dos à dos les fachos aux républicains laïques. 

 

La caricature Valls fonctionne à merveille

Jupiter, en stratège, laisse faire … La caricature Valls fonctionne à merveille et la cornérisation de tous ceux qui se réclament d’un seul homme, avec. Aucun des membres de ce gouvernement, Premier Ministre en tête, n’a fait nécessité de rappeler la nature-même de la Loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. Certains, même, se sont fait un malin plaisir à la fouler aux pieds, sans complexe. Du Président Macron qui efface les citoyens derrière une communauté musulmane, lors du repas de l’Aïd, à G. Collomb à la cérémonie des échevins, à Lyon, en passant par E. Philippe qui, récemment, est allé cibler la « communauté juive », selon ses propres mots, dans une synagogue. Aucun culte n’est oublié. Le concordat bat son plein sur le territoire national !

Posons-nous, dès lors, la question suivante : pourquoi LREM, E. Macron en tête, laissent-ils le champ libre au député de l’Essonne, si ce n’est pour détourner l’attention des laïques sincères dans leur soutien au soldat « Valls », dernier mohican de la république laïque
Réduire la Laïcité au seul Manuel Valls, c’est aussi bien mal considérer l’ensemble des associations et autres formations laïques qui œuvrent au quotidien pour la promotion et la défense de la laïcité. Elles exercent une veille permanente, alertent et dénoncent quotidiennement des dérives parfois graves sur notre territoire, à tous les niveaux. Elles œuvrent, par leurs actions de terrain, au plus près des Français, et pas seulement dans l’hémicycle, et souvent bien loin des projecteurs médiatiques. Quand l’État considère-t-il le travail associatif de celles et ceux qui se substituent à ses propres devoirs ? 

Il est triste, en effet, de constater que c’est entre les mains d’organisations comme l’observatoire gouvernemental de la laïcité qu’a été abandonnée la défense de ce principe clé de voûte de notre République une et indivisible … Et qui, peu à peu, lui donne le visage du dialogue inter-religieux … Vision d’État à plus ou long terme de ce que notre nation doit devenir ?


Alors, on fait quoi ? On se laisse enfermer dans cette bulle nommée « fachosphère » par cette gauche qui ne pense plus, qui ne se révèle que de temps à autres dans l’opposition, telle qu’elle l’a pratiquée pendant 5 ans, face à son propre candidat, devenu Président de la République ? Devons-nous nous laisser enrober dans le fameux hashtag du moment, réduisant la Laïcité à un instant aussi éphémère qu’une série de tweets ? Devos-nous laisser cette vision anglo-saxonne de la société nous submerger ?

Nous sommes républicains et laïques. Nous sommes Français. Nous sommes aussi des étrangers vivant en France. Nous voulons vivre libres et en paix. Cette terre de France offre à chacun un terreau fertile, propice à la paix. Mais cette paix, il faut l’entretenir à l’intérieur et à l’extérieur du territoire.,

Nous sommes attachés à la République, cette forme de régime politique qui propose à chacun d’évoluer librement, ensemble, dans le respect des règles de vie communes. La puissance publique se doit de créer les conditions nécessaires à l’émancipation de chacun, garantir l’égalité entre les êtres en considérant tous les citoyens de la même manière. Dès lors que ce champ des possibles est ouvert et que la loi est claire, il n’est pas de considération partisane à avoir vis-à-vis d’une communauté. C’est lorsque ces principes ne sont plus appliqués que les dérèglements s’installent. La méconnaissance, l’inculture de certains de nos élus, et pas que, participent à l’assignation de l’être et le conduisent à la crainte, la défiance, la peur, puis le repli et la radicalisation. Peur des obscurantismes que les responsables laissent s’installer, prompts à tout accommodement. Pourvu qu’ils soient réélus ! 

Or, les Français, dans leur grande majorité, sondage après sondage, le répètent sans fin : ils sont Charlie, ils sont républicains, ils sont laïques. On ne peut pas les laisser se faire enfermer dans un coffre-fort dont on oublierait volontairement la clé pour les museler à jamais.

Alors, non, nous ne sommes pas #LaBandeDeValls !
Thierry Gibert

Démission de Michel Lussault du Conseil Supérieur des Programmes : un symbole et une chance

4 octobre 2017

Le géographe Michel Lussault vient de démissionner du poste de président du Conseil National des Programmes (CSP), après Florence Robine, directrice de la DGSCO. Ces changements à la tête du Ministère de l’Éducation Nationale traduisent la permanence d'une souterraine guerre scolaire, qui dure depuis 30 ans, dont nous réclamons un droit d'inventaire.

 

30 ans de guerre scolaire, et nos enfants comme victimes

 

Michel Lussault est le symbole d'une dérive mortifère de l'institution scolaire: on se souviendra qu'il a piloté la réforme du collège, introduisant une pédagogie interdisciplinaire, un jargon pédagogiste confinant à l'absurde, réduisant les classes de grec et de latin à un élitisme «dépassé» et asséchant les classes bilingues. Mais il faudra aussi se rappeler celui qui, en 2015, après les attentats de Charlie, accusait une école selon lui «pas assez inclusive, ségrégationniste» de «nourrir l'obscurantisme». Des propos qui, avec le recul, apparaissent aujourd'hui scandaleux, mais qui expriment toute une philosophie qui aujourd'hui s'érode.

Ainsi, le défi de la massification scolaire a, depuis les années 1980, conduit une partie des chercheurs en sciences de l'éducation, inspirés par la sociologie de la reproduction, à vouloir revenir sur le modèle scolaire républicain, jugé trop élitiste. Sans vouloir entrer dans les détails, ils ont considéré le savoir, non plus comme un levier d'émancipation, mais comme un outil de sélection, donc de reproduction sociale. La connaissance ne libérait plus de l'ignorance, elle aliénait les élèves! Cette idéologie s'est peu à peu insinuée dans les organes de l'administration, instillée dans les IUFM et les ESPE, et jusque dans les référentiels, où il est imposé, par exemple en français, dans le secondaire, de ne pas étudier la langue pour elle-même (c'est ce qu'on appelle le décloisonnement, les séquences spiralées, le socio-constructivisme). Au bilan, le niveau des élèves aux tests PISA s'est écroulé. Un élève sur deux échoue à l'université. Un droit d'inventaire s'impose.

 

Une école du savoir émancipateur à reconstruire

 

La défense choisie par Michel Lussault pour justifier sa démission, ne laisse guère de doute: pour lui, la nomination de Jean-Michel Blanquer signifie le retour à une école du passé, une «école de jésuites» (sic). Curieuse et manichéenne façon d'envisager l'avenir autrement que d'après un modèle  conduit depuis 30 ans...Plutôt que de chercher à diaboliser les «républicains», forcément «de droite», il semble que l'occasion de refonder une école des savoirs s'ouvre à nous. Une école humaniste qui joue son rôle à plein, selon la philosophie inhérente au plan Langevin-Wallon : instruire l'homme, instituer le citoyen, former le travailleur. Aux antipodes, donc, du double danger pédagogiste, qui renonce à instruire, et de la vision utilitaire du MEDEF et de l'OCDE, qui ne souhaitent former les jeunes que pour utiliser ensuite une main-d’œuvre docile, dont le pédagogisme demeure plus que jamais le complice.

 

Ce qu'il convient de faire

 

*de ne plus ériger en dogmes des méthodes qui, de simples outils, ont été transformées dogmes pédagogistes officiels.

*de former davantage les professeurs à la didactique de leur discipline, car seule la logique interne des savoirs permet une vraie transmission et une vraie compréhension.

* de ne plus affecter les enseignants débutants en zones difficiles.

*de doter le conseil supérieur des programmes d'un cinquième collège, composé uniquement de professeur de tous niveaux, et disposant d'une majorité de blocage.

*de mettre l'accent sur l'enseignement professionnel public, enjeu des métiers de demain. L'enseignement professionnel doit en outre rester national et offrir une solide culture générale afin de permettre la formation de techniciens de haut niveau dont la France a plus que jamais besoin.

*de maintenir le cadrage national des programmes, l'autonomie des établissements constituant une fausse bonne idée qui renforcerait les inégalités scolaires et socio-spatiales.

*de créer un grand service public de l'orientation, afin d'orienter efficacement les élèves et étudiants vers des filières choisies et non subies.

*de réunir la conférence des présidents d'Universités autour d'un grand projet Universitaire, afin de construire ensemble une véritable politique pro-active du Supérieur.

 

La démission de Michel Lussault doit être l'occasion de mettre un terme à celle de l'éducation nationale depuis des années. Forces laïques portera désormais ce projet ambitieux et réaliste avec tous les acteurs du service public d'éducation.

 

Damien Pernet,

Secrétaire national à l'enseignement et à l'instruction

 

Laurence Taillade, notre présidente, était l'invité d'Anna Cabana, sur I24 News pour évoquer la condition féminine en Arabie Saoudite, suite au décret les autorisant à conduire.

Elle a rappelé que ce serait faire offence à Olympe de Gouges que de parler de révolution et que l'Arabie Saoudite, comme l'Iran, continaient à pratiquer l'apartheid sexuel à l'encontre des femmes. Elle a demandé que le CIO prenne ses responsabilités et exclue ces deux pays des jeux de 2024, comme ça avait été le cas pour l'Afrique du Sud, du temps de l'apartheid racial.

 

Tribune : La cohérence globale du projet politique du Ministre de l'EN  reste floue, voire ambigüe

21 septembre 2017

Le Ministre de l'éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a récemment émis l'idée de créer une cellule laïcité au sein du ministère, afin d'aider les acteurs de terrain à faire respecter ce principe fondamental de la république dans les établissements scolaires.

 

Cette proposition constitue un signal fort pour les laïques qui alertent, dans le sillage du rapport Obin, sur la réalité de l'entrisme religieux et prosélyte dans de nombreux collèges et lycées, et les problèmes auxquels les acteurs de terrain sont confrontés quotidiennement.

 

Nous ne pouvons qu'être sensibles à ce que le Ministre fasse preuve de lucidité et de volontarisme à ce sujet. Toutefois, nous nous interrogeons, d'une part, sur son pilotage et sa mise en œuvre. D'autre part sur la cohérence globale du projet politique du ministre qui reste floue, voire (volontairement?) ambigu.

 

Une idée pas si nouvelle...

 

Il convient tout d'abord de rappeler que l'éducation nationale s'est saisi du problème depuis des années, mais uniquement au plan de la pédagogie de la laïcité: le rapport Bidar de 2012, ainsi que la charte de la laïcité à l'école constituent par exemple des instruments utiles pour expliquer les principes de la république aux élèves. Des référents laïcité académiques existent également depuis quelques années. La «nouveauté» aujourd'hui réside dans la volonté de tenir davantage compte des recommandations contenues dans le rapport Obin dès 2004, ce qui implique de poser le problème du respect de la laïcité à l'école, non plus seulement au plan pédagogique, mais également juridique et institutionnel.

 

Qui pour piloter ce projet?

 

Depuis sa mise en place en 2007, l'observatoire de la laïcité assure officiellement un rôle consultatif auprès du gouvernement. Il a été confirmé dans ses missions cette année par le Président de la République Emmanuel Macron. Or son président, Jean-Louis Bianco, est loin de faire l'unanimité au sein du mouvement laïque français. Beaucoup lui reprochent en effet d'incarner une laïcité adjectivée, molle, voire de vouloir remplacer ce principe par un œcuménisme fondé sur le dialogue inter-religieux. Politiquement, cette double séquence semble contradictoire, à moins qu'elle ne constitue un geste tactique destiné à attirer quelques têtes de pont laïques dans le giron d' En Marche?

 

Quelle cohérence globale?

 

On aurait tort, en effet, de sous-estimer le sens stratégique de Jean-Michel Blanquer. Une partie du discours éducatif de ce dernier vise en effet à séduire en même temps les tenants d'une école fondée sur les connaissances et les pédagogues «modernistes». Il rétablit ainsi les classes bilangues, mais n'abroge pas les EPI; il prône la méthode syllabique, mais veut réduire les épreuves ponctuelles du BAC, que ces derniers considèrent comme un obstacle à l'innovation pédagogique...

 

Dans une interview au Monde il annonçait récemment: «je ne donnerai pas dans la verticalité, dans l’injonction. Je serai un ministre qui pousse aux solutions de terrain. Mon message aux enseignants, c’est qu’il n’y a pas de chape de plomb: qu’ils se sentent libres, qu’ils innovent». Or l'autonomie des établissements constitue à la fois une revendication de droite et des pédagogues modernistes! Là où les néo-libéraux voient l'occasion de libéraliser l'enseignement, les autres y trouveraient le terrain de jeux idéal pour pousser encore plus loin leurs théories pédagogistes.

 

Ce faisant, le ministre semble valider l'idée que tous les élèves ne peuvent accéder aux mêmes savoirs, ce qui est plus que gênant dans l'optique républicaine. Le marché éducatif ainsi préparé et généralisé élargirait encore le fossé entre établissements fonctionnant sur des projets pédagogiques exigeants et ceux se contentant d'animations scolaires basés essentiellement sur les «savoir-faire» et «savoir-être.» La carte scolaire disparaîtrait quant à elle mécaniquement, creusant la tombe de l'école creuset de la république.

 

Comment, dès lors, renforcer l'exigence laïque de faire société ensemble? Jean-Michel Blanquer doit éclaircir ses positions s'il veut convaincre les républicains laïques que nous sommes.

 

Damien Pernet, secrétaire national FL à l'enseignement et à l'instruction

 

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